ADEMAT-H a saisi le Tribunal Administratif pour faire invalider le PRS 2023/2028

Qu’est-ce que le Programme Régional de Santé ?

(Extrait site ARS-GE)

 Le PRS, cest l’ensemble des priorités que l’Agence Régionale de Santé met en œuvre avec ses partenaires pour améliorer l’état de santé des habitants de la région, favoriser au quotidien leur accès à la santé, lutter contre les inégalités sociales et territoriales de santé.

Ce programme est révisé tous les 5 ans ; Le PRS 2023/ 2028 a été publié le 30 octobre 2023.

1. Pour une raison de démocratie

La loi prévoit que toutes les collectivités locales soient consultées, pour émettre un avis sur le projet  de PRS  ( ici entre juillet et octobre 2023).

 Nous comptions beaucoup sur cette disposition pour que nos élus locaux : les maires les adjoints les conseillers municipaux qui sont au contact régulier avec la population puissent relayer toutes les difficultés des uns et des autres en matière d’accès aux soins.

Or l’ARS Grand-Est a fait le choix de ne consulter que les conseils départementaux, certaines mairies de sous-préfectures (?) et certaines associations de maires, qui plus est ne sont pas des collectivités territoriales.

A noter que d’autres ARS ont fait le choix de permettre à tout citoyen d’intervenir en direct. 

A noter que le Conseil Départemental des Vosges a émis un avis négatif sur ce PRS.

2- Pour une raison de santé publique majeure

La mortalité par maladie cardiovasculaire
en France est de 186,
dans le Grand Est de 204, 
en LORRAINE 206,
 ET DANS LES Vosges 211 !

Or le nouveau PRS prône le statu quo et refuse d’installer au CHED d’Epinal un service de cardiologie interventionnelle avec coronarographie, dans le cadre d’une filière cardiologique avec le CHU

Conséquence ce sont 5000 vosgiens qui sont sur la route et sont contraints pour 75% d’entre eux d’aller dans des cliniques privées à but lucratif avec droit à dépassement conséquent.

Il est urgent que le Service Public participe à l’égalité territoriale et que le PRS réduise réellement les inégalités de santé.

Retrouvez ici tout le dossier déposé au tribunal administratif le 29 décembre 2023

Notez que les conseils des surveillances des CH d’Epinal et Remiremont ont approuvé la proposition du directeur de saisir également le T.A.  Ce sont donc trois saisines qui sont déposées au TA contre le PRS

Manifestation du 22 décembre 2023

Si vous étiez présent à la manifestation devant l’hôpital ce vendredi 22 décembre, ADEMAT-H vous en remercie. Sinon, vous pouvez trouver ci-dessous une revue de presse au sujet de la fermeture des urgences la nuit ainsi que l’intervention du président d’ADEMAT-H lors de la manifestation.

Bonnes fêtes de fin d’année !

Revue de presse

Remiremont Vallées – Remiremont – A l’heure du rassemblement, l’annonce de l’ARS tombe !

Remiremont Info – Hôpital de Remiremont – Les urgences fermées la nuit à partir du 31 décembre

Remiremont Info – Remiremont – Fermeture des services d’urgence la nuit à partir du 1er janvier : « On ne peut pas l’accepter »

Actu88 L’ademat-h demande des actes en urgence

France 3 Lorraine  à partir de 3:38

France 3 Lorraine (en ouverture du journal)

Vosges Matin – Inquiétudes autour des urgences à Remiremont : l’Ademat se rassemble devant l’hôpital ce vendredi 

Vosges Matin – Hôpital de Remiremont : les urgences ne seront plus assurées la nuit à compter du 31 décembre

Plus de nombreux Flashs Infos sur la radio France bleu sud lorraine, le vendredi 22 en journée

Intervention du 22 décembre 2023

Bonsoir à tous,

Merci aux maires et élus présents : Didier Houot maire de Vagney pdt CCHV et vice Pdt PETR en charge de la santé, Mr Jacquemin maire d’Eloyes, Mme Guillemin adjointe Le syndicat , Mme Clément maire Cornimont, Mme Marchal adjte Cornimont, Mme Robert adjte, Vagney, Mr Tremzal Maire de Rupt – Agnès Daval adjte Girmont Val d’ajol, Mr Mansuy, adjt Plombières, Mr Tisserand maire Remiremont accompagné de Mr Creusot conseiller. Et probablement d’autres élus que nous n’avons pu identifier, nous leur présentons nos excuses. J’ajoute les excuses de Mr Tarantola conseiller départemental pour raison de santé.

Merci aussi à vous tous de vous être déplacés nombreux, nous sommes au moins 250, ce dernier vendredi soir de décembre avant les fêtes de fin d’année malgré la météo, la nuit et les préoccupations liés aux derniers préparatifs de Noel.

C’est d’ailleurs pour cela que nous n’organisons pas de défilé en ville ce soir, afin de ne pas rendre encore plus compliqué la vie des uns et des autres notamment les commerçants qui nous soutiennent.

A travers le rassemblement de ce soir nos visons trois objectifs.

Le premier c’est de réaffirmer haut et fort notre soutien et notre confiance à tout le personnel hospitalier, professionnels de santé ou non, des médecins l‘infirmières, secrétaires, aux l’ouvriers d’entretien et à la dame de ménage à temps partiel aujourd’hui salariée d’entreprises sous-traitantes. Année après année, ils ont tous vu les conditions d’exercice de leur métier de soignant se dégrader au point que beaucoup renoncent., trop fatigués, trop usés, trop peu considérés, trop exposés aux risques judiciaires, trop peu soignant et risquant de devenir maltraitant ;

Et comme si cela ne suffisait pas s’ajoute depuis un an une vaste campagne juridico médiatique contre cet hôpital qui s’appuie sur du ressentiment et sur les souffrances et le droit légitime à la vérité des familles au profit d’intérêts qui n’ont rien à voir avec l’accès aux soins de qualité.

Car c’est bien pour l’accès aux soins pour tous et partout, la finalité d’ademat-h et de notre coordination nationale que nous sommes là ce soir. Aussi le second objectif et le cœur de ce rassemblement c’est de refuser fermement cette grave dégradation qui va s’ajouter aux précédentes, à savoir la fermeture des urgences la nuit, voire le week-end. Aux dernières nouvelles, au 1 janvier, il n’y a aura plus que 4 urgentistes en poste ici, alors qu’il en faudrait 13 pour assurer le service public 7j/7, 365j/an ; Avec ce ratio, chacun voit bien qu’on ne peut pas tenir. Certes cette situation n’est pas le propre du CH Rmt ! Il y a des risques de fonctionnement dégradé dans tout le département, et bien ailleurs les difficultés de l’un se répercutant sur les autres.

Pour autant, il n’est pas acceptable qu’un territoire de 100 000 habitants, qui plus est en période de risque épidémique élevé : grippe , bronchiolite, covid , et on ne parle pas des accidents liés aux sports d’hiver, il n’est pas acceptable que ce territoire voit son service d’urgence fonctionner en mode très dégradé. Car cette perspective s’inscrit dans une déjà trop longue dégradation des services : fermeture de la cardio, de l’urologie, réduction de lits en diabétologie ; Rien que cette année 30 lits de SSR ont été fermés au 1 avril conséquence de la loi Rist,. Seuls 20 ont été réouverts mi-novembre. La fermeture estivale des 10 de cardio se prolonge. Tout cela faute de personnel. Les urgences pédiatriques sont fermées la nuit depuis novembre.

Tout cela engendre renoncement aux soins, perte de chance. Fatalement cette réduction de la réponse aux besoins, et la désorganisation du service public de la santé vont engendrer des morts dont la puissance public sera comptable.

Dans les mesures prioritaires nous demandons que les dispositions salariales qui permettent de mieux rémunérer les praticiens hospitaliers remplaçants, soient effectives.

Nous demandons tout de suite l’ouverture de négociations pour en finir avec les distorsions de traitement entre Praticiens soumis aux obligations du service public et les autres. Tous ont signé le serment d’Hippocrate ; en voici quelque extraits : J’interviendrai pour les protéger (les personnes) si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité… Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera… Je ferai tout pour soulager les souffrances… J’apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu’à leurs familles dans l’adversité…

Plus fondamentalement il y a un vrai problème de démographie médicale. C’est l’urgence absolue même si les effets ne seront qu’à moyen terme. Il faut doubler les promotions entrantes. Rien que dans le Grand Est les promotions de 2023 à 2027 voient leurs effectifs théoriques augmentés de 20 places : même pas un médecin supplémentaire par spécialité ! et encore on nous dit que ce n’est pas appliqué faute de maître de stage. Il est donc urgent que les décideurs prennent la mesure de l‘ampleur de la catastrophe sanitaire qui s’amplifie sous nos yeux et va croissante.

Il faut maintenant et rapidement des actes, pour mettre un terme à cette spirale infernale .

Ce ne sont là seulement que quelques-uns des éléments du débat. Des dizaines de rapports documentent le diagnostic et proposent des solutions.

Parmi les solutions, il y a en a une qui nous tient à cœur : redonner un nouvel élan à la sécurité sociale. Son budget 2024 que les parlementaires n’ont pu voter (49.3 oblige) prévoit de nouvelles mesures d’économie pour l’hôpital public. Et l’on parle ce matin dans la presse, du retour aux franchises médicales, c’est à dire un nouvel impôt sur les malades. C’est une nouvelle régression ! Une de plus !

Dans quelques instants nous dévoileront une des nouvelles banderoles que nous souhaitons voir aux 4 coins de nos vallées : la sécu c’est vital !

Nous en ajoutons une autre : l’hôpital c’est vital !

Un ministre est venu tout récemment visiter cet hôpital. Il s’est montré déterminé à le maintenir à un bon niveau tant en chirurgie médecine que maternité sans mesures concrètes toutefois. Les professionnels l’ont alerté, nous de même. Depuis il a démissionné pour manifester son opposition avec la loi immigration qui remet gravement en cause notre modèle de santé humaniste, et pas seulement du fait des menaces qui planent encore sur l’Aide Médicale d’État (AME). Cette loi heurte l’immense majorité des professionnels de santé. Nous saluons son courage et sa détermination. Mais constatons qu’une fois de plus c’est Bercy et le président de la République qui sacrifient l’hôpital public.

A l ’Ademat-h nous ne pouvons pas nous taire. Ça suffit !

Nous considérons que la population doit être informée d’une situation qui la concerne au premier chef.

Nous considérons que la population doit réagir. Oui aujourd’hui en France, les mobilisations autour du service public hospitalier et l’accès aux soins sont beaucoup trop disparates, trop faibles ; Il devient urgent que la population se mobilise davantage, car les seules batailles que l’on est sûr de perdre ce sont celles qu’on n’en mène pas. A Ademat-h nous nous y employons et nous sommes prêts à accueillir, comme nous l’avons fait sur le secteur de Bruyeres qui réclame la réouverture du CMP, tous les Vosgiens et Haut Saonois qui disent : ça suffit, levons-nous !

Merci de votre attention et de votre présence Bonne fête vigilante – rdv début d’année (ag le 22 mars à Vagney) car nous savons que le service de pédiatrie néonatologie et le déclassement de la maternité en niveau 1 vont également arriver

En attendant joyeux Noël et bonnes fêtes, malgré tout.

Aussi rdv aux marchés de Noël, sur les trottoirs, pour une boisson chaude, soutien aux assos. C’est Noël !

J Pierrel, président ademat-h

Fermeture des urgences : lettre ouverte au ministre de la santé

Lettre ouverte au ministre de la santé,

Aux décideurs publics,

À l’administration,

À la population,

Remiremont, le 18 décembre 2023

L’Ademat-h reste en état de veille permanente et les nouvelles sont alarmantes, malgré la visite récente du ministre de la santé qui s’est voulu rassurant dans le discours sans rien annoncer de concret.

Nous l’avons alerté dans un courrier précis et documenté. Nous attendons non seulement des réponses mais aussi des actes. C’est le message que nous lui avons fait passer.

Reste qu’en cette fin d’année, la situation des urgences à Remiremont et plus globalement dans le Vosges, est devenue intenable.

Nous ne sommes pas certains qu’elle soit réellement prise en compte.

Les motions, les alertes, les courriers des personnels concernés ne semblent pas émouvoir outre mesure.

Savez-vous que les urgences vont fonctionner à Remiremont en mode très dégradé à partir du 1er janvier . Elles seront fermées la nuit (peut-être bientôt aussi le week-end), parce qu’il n’y a plus assez de médecins sur tout le département pour assurer les gardes. Lors de la première fermeture de nuit courant novembre des malades ont attendu jusqu’à 16 h ou 18 h sur un brancard à Épinal… pour finalement être renvoyés à Remiremont. Les habitants des vallées, plus de 100 000 personnes, sont-ils condamnés à renoncer aux soins ou à être exposés à des pertes de chances ? Il y a un vrai risque de mise en danger de la vie d’autrui. Et la recherche des responsabilités pourrait ouvrir un marché aux amateurs de contentieux et impliquer demain les ambulanciers dont les temps de transport vont s’allonger au même titre que le personnel hospitalier en manque de renfort et dans l’impossibilité d’assurer dignement l’accueil.


A l’Ademat-h nous ne pouvons pas nous taire. Ça suffit ! Nous considérons que la population doit réagir et donc être informée d’une situation qui la concerne au premier chef.

Il faut maintenant et rapidement des actes, pour mettre un terme à cette spirale infernale !

La direction doit engager une véritable politique de recrutement et exiger du CHU de pouvoir être doté d’internes de spécialités, comme dans les autres hôpitaux vosgiens.

Les frontières administratives doivent sauter. Comment justifier qu’un médecin urgentiste de Remiremont soit obligé de laisser son service pour se déplacer à Fougeroles afin d’y récupérer un malade ou un accidenté transporté là par un hélicoptère franc-comtois qui n’est pas autorisé à venir atterrir à Remiremont ? Comment justifier que les personnels hospitaliers du public continuent à être maltraités tandis qu’on veille au confort des libéraux et des cliniques privés non soumis à l’obligation de la permanence des soins ?

Les leçons n’ont pas été tirées de la pandémie et le plan de regroupement des hôpitaux est toujours là qui déplace les problèmes plutôt que de les résoudre.

Plus le service public est dégradé, plus l’hôpital est critiqué, plus le fonctionnement des services est dégradé, moins l’hôpital public remplit sa fonction. Une protection sociale dégradée, c’est aussi un accès aux soins dégradé.

Le fonctionnement des urgences hospitalières en mode dégradé, c’est tout le territoire qui est abandonné, la ruralité condamnée et plus de mortalité assurée !

Parce que les beaux discours et les bonnes intentions ne suffisent pas, nous appelons la population, les élus, les professionnels de santé à se rassembler le vendredi 22 décembre à 17 h 30 devant l’hôpital de Remiremont, pour manifester un soutien massif à l’hôpital public, à tous ses services et à ses personnels malmenés et exiger des actes de la part de la puissance publique.

Nous demandons à madame la préfète des Vosges et à la directrice régionale de l’ARS de prendre toutes les mesures que la crise exige, faute de quoi elles s’exposent à des poursuites judiciaires pour mise en danger de la santé d’autrui, que ce soit lors du transport des personnes malades ou accidentées ou lors de leur accueil dans des établissements défaillants, faute de personnels et de lits, qui plus est en période hivernale, de risques épidémiques et d’accidentologie liée à la fréquentation touristique de la montagne.

Nous interrogeons la responsabilité de la direction de l’ARS qui depuis plusieurs années a considérablement développé les moyens de l’administration au détriment des personnels du soin.

Nous interrogeons la stratégie d’un directeur qui s’est engagé à ne pas fermer les hôpitaux, à développer leur complémentarité, à mutualiser des fonctions ressources, pour finalement proposer à nouveau une fusion qui masquera plus facilement la désintégration en cours des hôpitaux de territoires, la fermeture des lits puis de services dont la néonatologie, voire demain à nouveau de la maternité.

Nous interrogeons la capacité de l’action des responsables politiques derrière les beaux discours, quand jour après jour, nous constatons toujours plus d’abandon du service public en général, du service de santé public et des services publics à la population en particulier.

Pour que notre territoire et notre hôpital continuent à vivre, l’Ademat-h lance cet appel à la responsabilité de tous et de chacun. Elle demande des engagements forts en urgence.

A défaut, l’inaction des uns et des autres sera publiquement dénoncée lors de la manifestation du 22 décembre.
Prendre soin, c’est une responsabilité qui engage et dont les décideurs doivent pouvoir rendre compte.

Compte Rendu réunion sur les centres de santé

Le 24 octobre 2023, nous avons tenu une importante réunion sur les centres de santé, avec l’intervention du Dr Richard Lope.

Vous pouvez trouver le compte rendu ici ainsi que le diaporama qui a été présenté.

Vous pouvez également consulter la revue de presse au travers des différents liens ci-dessous :

– Remiremont Info : L’ADEMAT-H tire la sonnette d’alarme contre les déserts médicaux

– Remiremont Vallées : Pays de Remiremont – Pour éviter les déserts médicaux, le centre de santé de territoire ?

– Vidéo France 3 : 7 mn pour Ademat-H sur France 3 Lorraine : le face à face

– France 3 : « C’est une catastrophe sanitaire. Nous l’avions annoncée. Nous y sommes », l’appel urgent d’une association pour sauver le système de soin en milieu rural